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Autobiographie chapitre 5, 6, 7

Dernière mise à jour : 14 juil. 2025


 

 

 

 

 

CHAPITRE 5

 

Me voilà de retour chez mes parents à 30 ans. Je suis partie de mon plein gré, laissant Guillaume vivre dans la maison jusqu'à ce qu'elle soit vendue. Ma voisine m'a appelé en me disant que ma chatte, Ruby était malheureuse et qu'elle ne faisait que pleurer. Je ne l’ai pas cru sur le coup pensant qu'elle devait l'embêter en touchant à ses poubelles. Ruby adorait saccager les poubelles des Gourtan. Bizarrement, elle n'a jamais touché aux nôtres préférant celle des voisins.  Guillaume m'a appelé pour me demander de récupérer Ruby, celle-ci pleurait jour et nuit et il ne savait plus quoi faire pour la calmer. Je n'étais partie que depuis deux semaines, je n'arrivais pas à croire que ma chatte puisse sentir que je n’étais pas partie temporairement. En effet, elle avait l'habitude de rester seule lorsque nous partions et jamais elle ne l'avait mal vécu. C'est une minette en piteux état que j'ai retrouvé. Elle s'était fait plusieurs plaques sur le dos de la taille d'une paume de main en se léchant à cause de l'angoisse. Elle qui était si belle, toute blanche aux poils longs et soyeux, avec des grands yeux d'un bleu très profond et expressifs. Sa mère était croisée sacré de Birmanie et son père était un persan blanc. Elle a pris des deux, donnant un mélange plus que réussi. Elle avait réellement senti que j'étais partie et avait pensé que je l’avais abandonné. Je pensais qu'elle pourrait profiter du jardin et du printemps tout nouvellement installé, elle qui adorait profiter du soleil et chasser souris et lézards. Bien que Ruby n'ait jamais été une grande Joueuse à l'intérieur de la maison, à l'extérieur c'était une très grande chasseuse. Tout ce que voulait mon bébé, c'était d'être avec sa maîtresse, peu importe le lieu et les circonstances. Avec Ruby nous avons noué des liens très forts, dès ses premiers mois. Lorsque nous avions acheté Ruby et Prada, sa petite sœur, qui elle est allée vivre chez mon ami Vincent, elles n'avaient alors que 3 mois et celles-ci ont tout de suite développé les symptômes du coryza (rhume de chat pouvant entraîner la mort de celui-ci). Le temps d'incubation (temps permettant à la maladie de se développer) n'étant pas passé, le doute sur une contamination chez le vendeur ne faisait aucun doute. Nous avons quand même décidé de les garder et de tout faire pour les soigner. Ruby a beaucoup moins bien réagi au traitement prescrit par le vétérinaire que sa petite sœur qui elle, a été rapidement de nouveau sur ses pattes. Ma minette était chaque jour plus malade nous laissant complètement impuissants, face à la maladie qui la rongeait. J'ai passé mes nuits à la surveiller, la forçant à boire manger et surtout prendre ses médicaments. Elle était à l'article de la mort couchée sur le côté, avec du sang sortant de sa bouche et encore comme cela, je n'ai pas abandonné. Elle s'est relevée, malgré ses tout-petits 3 mois, elle a lutté, elle voulait vivre. Elle était si forte et courageuse ma Ruby. Elle aura gardé des séquelles et aura été fragile tout au long de sa petite vie de chat avec des rhumes et éternuements constants.

 

Il est très difficile de retourner chez ses parents après tant d'années à vivre chez soi, libre. Non la cohabitation n'était vraiment pas simple, ayant chacun nos propres habitudes, qui pour le coup, étaient vraiment différentes. J'arrivais un peu comme un cheveu sur la soupe, en bousculant le petit train-train de mes parents. La différence d'âge et de génération, n'aidait pas non plus pour un nouveau quotidien. En effet ma mère m'a eu tardivement, à l'âge de 42 ans et mon père en avait lui 48. J'ai été la petite poupée de ma mère pendant toute mon enfance. Il n'y avait jamais rien d'assez bien pour sa princesse. J'aurai pu être une enfant capricieuse et bien que ma mère m’achetât tout ce qu'elle voyait, je n'ai jamais rien réclamé au contraire je refusais catégoriquement tout ce qu'elle me proposait. Déjà petite, j'avais compris la valeur de l'argent et je ne supportais pas de voir mon père se tuer au travail pour que sa famille ne manque de rien, et que sa paye soit si vite dépensée en choses inutiles. Pour comprendre un peu l'histoire de mes parents : en ce qui concerne mon père, il est né en Espagne dans un petit village retiré de la province de Segovia. Il était le cadet de 7 enfants. Il a vu sa maman souffrir du manque d'argent dans son foyer, son mari passant tous ses salaires dans le jeu. Si tôt gagné si tôt perdu. Ils ont également vécu le régime sous Franco et souvent, il nous racontait la faim qu'ils ont pu avoir durant leurs enfances. Les enfants se battaient pour avoir les miettes de pain sur la table, lorsque le repas était terminé. Une orange en guise de cadeau de Noël qu'ils recevaient avec émerveillement, comme le plus beau de tous les présents. Il nous disputait lorsque nous remplissions le verre d'eau et que celui-ci n'était pas bu. Le gaspillage de nourriture lui faisait mal au cœur, lui rappelant à chaque fois tout ce qu'il a vécu. C’est donc tout naturellement qu'il a reproduit le schéma inverse dans sa propre vie de famille, donnant son salaire dès réception de celui-ci à son épouse et elle, le dépensait immédiatement en oubliant parfois qu'il y avait des priorités. Ma mère, elle, est la première née de 7 enfants, elle a été la grande sœur qui devait aider pour tout à la maison. A l'époque, l'aîné avait aussi un peu le rôle de mère, laissant un peu de côté son rôle d'enfant. De ce fait, elle s'est sentie délaissée et rejetée par sa mère, qui avait bien trop de travail avec ses 6 autres enfants. Ma mère pensait et elle continue à ce jour de le croire, que sa maman ne l'aimait pas à cause de cela. Lorsque ma mère a eu sa propre fille, (moi) il était donc tout à fait normal qu'elle reporte tout ce manque d'amour qu’elle a pu ressentir, sur cet enfant du même sexe. Elle m'a affiché comme un trophée, il n'y en avait que pour moi, n'offrant tout ce qu’elle trouvait de plus beau. À 2 ans j'ai eu mes premières mèches blondes. Vernis à ongles, vêtements en cuir, rien n'était trop beau, ou trop cher pour sa "petite fille" comme elle m'appelait. Elle ne se rendait pas compte qu'elle m'étouffait littéralement, donnant à son tour l'impression de délaisser ses garçons, créant de cette manière la blessure de rejet chez eux. Les blessures de l'âme commencent dès l'enfance et si celles-ci ne sont pas guéries, elles nous poursuivent tout au long de notre vie, en nous faisant reproduire à chaque fois le même schéma. Me sentat coupable d’une situation que je n’avais pas demandé, je rejetais de mon côté créante ainsin la spirale du rejat.

 

Étant toute nouvelle célibataire, c'est avec amusement que je découvrais les sites de rencontres. A l'époque, Badoo était à la mode et bon nombre de personnes cherchant l'amour y étaient inscrits. Aujourd'hui, ce site existe encore mais étant payant, il en est devenu beaucoup moins attrayant. Les gens s'en sont lassé préférant Tinder qui est bien plus à la mode et surtout gratuit. Sur Badoo, on pouvait trouver tout types de profils : les célibataires endurcis, les papas cherchant à reconstruire leurs familles, les hommes qui ne veulent pas d'enfants et qui ne savent pas vraiment ce qu'ils veulent, les hommes mariés et parfois même des couples, en quête d'un peu de "piment" dans leur relation ou tout simplement de nouvelles et excitantes expériences. J'ai passé un mois dessus, à papoter, sans ne jamais me lancer à rencontrer qui que ce soit. J'avais juste besoin de reprendre confiance en moi et de voir que je pouvais à nouveau plaire. A dire vrai, 80% des personnes inscrites sur sites de rencontres ne sont pas prêtes à avoir une vraie relation. Parfois, certains ont tellement envie d'être en couple, qu’ils sont prêts à tout accepter : relations à distance, avec une personne en séparation qui n'est absolument pas prête à s'engager, ou même une personne dépressive (syndrome du sauveur) jouant le psychologue. Il est évident que ce n'est pas en s'engageant dans une relation sous prétexte que la personne en face est sérieuse, que celle-ci aboutira sur quelque chose. Ce serait plutôt l'inverse, cette toute nouvelle relation ne pourra être qu'un "tampon", jusqu'à la guérison et la véritable rencontre ne viendra qu'après. Bien que nous n’agissions pas de la même manière dans nos relations hommes et femmes, nous ne sommes pas si différentes que cela en fin de compte lorsqu'il s'agit de se reconstruire. J'ai donc à mon tour parlé avec tout un tas de profils, car c'est en réalité ce dont tout le monde a besoin : Parler. J'ai toujours aimé parler et écouter, les échanges sur Internet m'ont vraiment fait beaucoup de bien. Je n'ai eu besoin que de 30 jours, car en réalité, la séparation était pour moi un soulagement et par conséquent, je ne le vivais pas si mal que cela. Parfois, nous avons besoin de beaucoup plus de temps et certaines personnes peuvent rester ainsi, inscrits sur les sites de rencontres comme « cœur à prendre" pendant des années, alors qu'ils ont tout pour plaire. Il est difficile d’avouer que nous avons parfois besoin d’aide pour guérir nos blessures et il est plus facile de penser que le temps fera les choses. Grossière erreur : Le cerveau lui n’oublie rien.

 

Badoo restait allumé continuellement sur mon ordinateur, même si je n'étais pas forcément connecté. Un jour, par le plus grand des hasards, alors que j'étais sur le point de me désinscrire, je vois un message différent, comme si la personne me connaissait et m’avait reconnue. Je click immédiatement sur le profil pour voir de qui il s'agissait et là, surprise ! Daniel, un ami que j'avais connu justement sur un chat en ligne avec mon amie Jenna avant ma rencontre avec Guillaume. Rappelez-vous : Jenna est la meilleure amie d'Elise, qui était l'ex petite amie de mon cousin Sébastien. Nous avions sympathisé tous les trois très rapidement, l'invitant à se joindre à nous pour des soirées et même des après-midis entre amis. Il avait un petit faible pour moi, mais lui ne me plaisait pas du fait de sa timidité bien trop prononcée. Je n'exagère pas quand je dis qu'il était très réservé, c'est très simple : Il ne parlait pas. Je l’aie donc repoussé le jour où il s'est décidé, se lançant et m’embrassant, me laissant très surprise. Je ne pouvais pas m'imaginer, moi, très avenante, avec quelqu'un qui répondait à mes questions par un petit oui ou un petit non rien de plus. J'avais besoin d'échanges comme tout le monde. Nous avons perdu le Contact lorsque j'ai commencé à fréquenter Guillaume : J'avais égaré mon téléphone peu de temps après, perdant ainsi tous mes contacts téléphoniques. On dit que le passé n'a jamais rien de bon à nous raconter, j'aurais dû écouter le dicton et éteindre mon ordinateur. Au lieu de cela, j'ai répondu à son message engageant donc la conversation. Il ne s'était pas connecté depuis presque 8 mois, il venait de vendre sa voiture car il en avait commandé une neuve, il se retrouvait donc à pied à ne pas pouvoir bouger de chez lui. C'est donc l'ennuie, un jour de pluie, qui l'aura fait se connecter, afin de passer le temps. Si cela était arrivé le lendemain, il ne m’aurait pas retrouvé, car j'étais sur le point de supprimer mon profil, trouvant déjà le site bien moins amusant. Il n’y a pas de hasard et j’avais des choses à travailler avec lui.

 

Je découvrais un Dany (surnom que tout le monde lui donnait) métamorphosé. J'avais presque l'impression qu'il avait plus de choses à dire que moi. Qu'était devenu le jeune Dany timide, qui ne parlait pratiquement pas ? C'était un homme plein de confiance en lui, affichant des photos de lui très à son avantage sur les réseaux sociaux. En effet, Dany était modèle photos, ce qui l'avait beaucoup aidé pour combattre sa timidité. Ceci n'était qu'une passion en parallèle, Dany était chimiste dans une entreprise qui fabriquait du ciment. Je me souviens que la première fois que nous nous sommes revus, c'était lors d'un barbecue avec Kelly, Benjamin et Vincent organisé par celui-ci dans son nouvel appartement de l'époque. Vincent m'a proposé de l'inviter et persuadé qu'il dirait non, toujours dans l'idée que Dany avait dû garder un peu de timidité, je l’aie invité. Quelle fut ma surprise qu'il me réponde positivement à son invitation. Il est venu, séduisant chacun de mes amis par sa facilité d'adaptation, sa simplicité et sa gentillesse et son charisme. Il était très doué pour se faire aimer et apprécier des autres. La soirée s'est très bien passée et je n'ai eu que des retours positifs de mes amis. Drôle de hasard ou peut-être était-ce le destin, ils se sont rendus comptes que ce n'était pas la première fois qu’ils se voyaient Dany, Kelly et Vincent. En effet, Vincent lui aurait vendu sa 206 cabriolet 4 ans avant cela. J'ai été très agréablement surprise de voir qu'ils ouvraient si facilement leurs portes, à quelqu'un qui arrivait depuis si peu dans ma vie. Cela ne faisait qu'un mois et demi que nous étions séparés avec Guillaume et durant ces 7 années, Vincent et Kelly furent les seuls amis qu'il appréciait et que nous ayons côtoyé. Ils étaient très proches, si bien que mes amis étaient devenus ses amis. Je n'en revenais pas de voir comme ils acceptaient le changement qui était pourtant si frais. Peut-être avaient-ils juste peur que je finisse seule...

 

Une fois la maison mise en vente, j'ai mis des meubles sur les petites annonces, que je ne pouvais pas garder n'ayant nulle part où les stocker. Je m'occupais de vérifier que la villa soit toujours propre et bien en ordre, comme elle l'avait toujours été. C'est à ce moment qu’a commencé la guerre avec mon ex. Étant seul à la maison et n'ayant personne pour lui dire de ranger, il en profitait comme un adolescent. Je retrouvais tous les 15 jours, ma maison dans des états pas possible : Du linge sale de partout, des mégots de cigarettes plein la terrasse, des mouchoirs sales dans toutes les pièces et une odeur à n'en plus pouvoir respirer.  La maison était comme laissée à l'abandon alors qu'il y était tous les jours. Avant chaque vente d'objets, je passais 3 heures à tout ranger et nettoyer pour accueillir les acheteurs. Je ne savais plus quoi faire pour le convaincre de prendre soin de la maison. J’essayais de prendre des idées un peu de partout et mon amie Jessica, Jéjé comme tout le monde l'appelait, m'a dit de m'installer avec mon nouveau copain dans mon ancienne maison. Je n’ai pas suivi le conseil par peur d’une réelle guerre. Après tout nous avons partagés 7ans ensemble pourquoi terminer en si mauvais termes ? Nous devions nous respecter pour ce que nous avons partagé.

La maison vendue, j'étais aux anges, une nouvelle vie commençait et elle s'annonçait tellement belle : J'avais trouvé ce que je pensais être le grand amour, j'avais trouvé un nouvel emploi en tant qu'assistante de direction dans une entreprise du bâtiment moi qui adorait les travaux et surtout j'étais libérée. C'était terminé, je ne serais plus jamais la servante de personne. Dany était un vrai prince charmant avec moi : Doux, attentionné, très romantique et pour ne rien gâcher, il était très beau. J'étais très admirative de son intelligence et buvais chacune de ses paroles. Pour vous citer un peu un exemple il a créé une machine à son travail qui portait son nom et ils tous les sites de l'entreprise se servaient partout dans le monde. Elle avait été baptisée : la Danymission. Je n'avais jusqu'à ce jour, jamais rencontré d'homme comme lu, il me couvait de cadeaux et surtout, il me faisait me sentir belle. Il n'était pas radin en compliments et savait apprécier mes qualités. Je n'avais plus l'impression d'être une bonne à tout faire au contraire, il était aux petits soins. Je suis passé de zéro attentions à un véritable conte de fée.

Je me suis rapidement rendu compte, que quelque chose n'allait pas chez lui. Il prenait des colères montres, se mettant à taper dans les murs. Il se dénirait comme je n’avais jamais vu un homme le faire auparavant. J'ai compris qu'il avait une rage sûrement accumulée avec le temps, vu la violence de celle-ci, qu'il contenait et maîtrisait, la cachant par des sourires et des blagues.

Fini la vie de princesse.

 

L'entreprise de rénovations et peinture pour laquelle je travaillais comme assistante était au bord du gouffre. Le patron ne payait rien : ni les employés ni les factures. Dès qu'il recevait un chèque, il le dépensait jouant sur le fait que l'entreprise portait son nom. Je suivais ses moindres mouvements pour être sûre qu'il n'allait pas tous nous faire couler. C'est comme ça que j'ai appris qu'il n'avait jamais payé le local qu'il louait depuis 5 ans à un ami. Il l’a fait visiter un de nos bons clients pour le calmer en lui disant qu'il pourrait l'avoir pour un très bon prix et je me suis intéressé au projet, le client n'étant pas intéressé. Celui-ci n'arrivait pas à se projeter et ne voyait pas le potentiel du bien. Chose compréhensible, le local était en ruine et n’avait pas de lumière naturelle. Il m'a mise en contact avec le propriétaire et tout s'est fait assez facilement, étant donné que l’entreprise de celui-ci était en fin de redressement, il avait donc besoin d'argent. Une aubaine. J'ai parlé de mon projet a mon ex qui s'est immédiatement vexé car lui-même rêvait d'acheter, mais il n'avait aucun apport personnel pour un éventuel achat. Moi, en revanche, la maison récemment vendue, je pouvais investir et j’avais très hâte de me remettre dedans. Je n'avais pas prévu d'acheter à nouveau avec quelqu'un et surtout pas aussi peu de temps après ma séparation, mais j'ai senti que Dany prenait la chose très à cœur. Il le ressentait comme un manque d'amour de ma part et qu’il était moins important pour moi que l’était mon ex, étant donné que je ne me m’investissais pas avec lui. C’était faux bien sûr mais c’était beaucoup trop récent et je craignais une autre séparation. J'ai finalement accepté et cédé pour gagner sa confiance, après tout j'étais amoureuse. J'ai toujours dit qu'il faut croire en soi et j'avais envie de croire en nous, de tout mon cœur.

 

Alors que les idées d’agencements commençaient à fuser, un malheur a de nouveau frappé. Je me rappelle que j'étais au bureau quand j'ai senti une angoisse violente. J'ai compris qu'il se passait quelque chose mais chez qui ? je regardais l’horloge avec la boule au ventre et le temps était interminable au bureau. Mon réflexe a été d'appeler mes parents, ils allaient bien... 14:30 je ne pouvais pas partir et laisser les locaux comme ça, puis je ne savais pas ce qu'il se passait. J'ai pleuré, ce n'était pas un petit pressentiment, c'était de ceux qui t'arrachent la poitrine, qui donne l'impression que ton âme se fait battre. C'était juste horrible, mon dieu que se passait-il ?! Ce jour-là nous avions invité Vincent et sa compagne Giuliana à un dîner dansant. J'étais en train de me préparer quand Dany est arrivé me demandant d'être "forte". "Ton amie Jéjé est décédée, elle a été tuée ". Je n'arrivais pas assimiler, il devait se tromper, comment ça Jéjé a été tuée ?! Nous avons rejoint Vincent, Giuliana et Kelly qui étaient effondrés. Tout le monde était sous le choc, comme si l'histoire d'une autre personne nous était racontée. Tout cela n'arrive-il pas uniquement dans les films ? Nous avions l'impression d’être au milieu d’un épisode d’une série criminelle. Jéjé avait été assassinée par son ex-compagnon Ghislain, qui ne supportait pas de voir qu'elle se reconstruisait sans lui. Jéjé est tombée enceinte à seulement un mois de relation et son compagnon ne plaisait à personne. Il avait des comportements bien trop étranges. Je précise qu’il était squizophrène et qu’il a toujours eu des paroles ou des actes dérangeants. Elle a décidé de le garder et aura vécu avec lui bien que cela n'allait pas, sûrement pour Léo, jusqu'à ce que son fils ait 3 ans. La maladie de Ghislain maladie lui faisait entendre des voix et il ne prenait pas toujours son traitement. La pathologie dont il souffrait, l'avait envoyée faire de nombreux séjours à Vinatier, l'hôpital psychiatrique le plus connu de la région.  Ghislain avait déjà menacé Jéjé de la tuer, il lui a brandit une arme en lui disant " soit je te tue, sois je tue mon ex". Bien que certains le pensaient inconscient par moment, il a quand même eu l'idée d'acheter une arme factice, afin de l'échanger contre son arme de service. Il travaillait dans la police aéroportuaire et à chaque fin de postes, les tenues, ainsi que les armes étaient pesées afin de vérifiées que rien ne manque. Il a échangé son arme factice contre la vraie, aussi simple que ça. Il aurait pu la tuer ce jour-là mais il ne l'a pas fait, Jéjé était persuadée qu'il ne ferait rien, qu'il n'y avait rien à prendre au sérieux. Chaque jour, il menaçait de se suicider et lorsqu'il récupérait Léo, il lui montrait son coffre plein de cordes et de choses prêtes à être utilisées pour une fin de vie bien organisée. A la fin n'en pouvant plus de son comportement, elle se moquait un peu de lui, lui disant qu'il pouvait passer à l’acte qu’elle n’en n’avait que faire. Bien sûr ce n'était pas vrai, car malgré toutes ses menaces et l'injonction d'éloignement obtenu par la police, elle le laissait s'approcher pour récupérer le petit, à condition que Ghislain soit accompagné d'un adulte. Elle aimait tellement son fils, qu'elle ne voulait pas que celui-ci ait le manque d'un père. Elle était une mère tellement dévouée qu'elle en aura perdu la vie.

 

Jéjé venait d'acheter un appartement ou elle allait s'installer avec son fils, après un mois de travaux que Rogers, le père de Kelly avait effectué chez elle. Jéjé était la meilleure amie de Kelly et pour Rogers c'était un peu une autre de ses filles. Elle avait demandé à finir un peu plus tôt, afin de pouvoir récupérer son canapé qu'elle avait commandé dans le magasin ou travaillait Kelly. Jéjé avait demandé à Ghislain de la retrouver sur le parking ou elle travaillait, pour qu’il puisse récupérer le petit pour le week-end, à exactement 15:30. Il était accompagné de sa mère ce jour-là et il a demandé à Jéjé de l'accompagner à l'arrière du véhicule, il avait quelque chose pour elle dans le coffre. Il a sorti son arme, un fusil à Ball trap (sport consistant à viser des disques jetés dans les airs). Personne ne savait qu'il avait le permis pour cela et personne ne se doutait que ce jour, serait le dernier de la vie de notre Jéjé. Il lui a tiré 3 balles derrière la nuque et 6 dans le thorax. Jéjé gisait dans son sang, mais elle était toujours consciente lorsque son amie et collègue, de qui elle était inséparable l'a rejoint. Jéjé a succombé à ses blessures dans l’ambulance en route pour les urgences. Elle a été assassinée de sang-froid sous les yeux de son fils Leo, alors si petit mais déjà assez grand pour comprendre que son papa avait fait une grosse bêtise et fait "panpan à maman avec le pistolet". Nous avons passé la soirée en bas de chez elle à attendre de savoir si Ghislain serait attrapé par la police. Il a finalement été retrouvé mort dans sa voiture. Il a retourné l'arme contre lui, se tirant une balle dans la tête. Léo était orphelin, sa maman ayant été tuée par son papa, le traumatisme le poursuivra toujours et notre Jéjé ne reviendra jamais.

Kelly qui était la meilleure amie de Jéjé a immédiatement proposé à la mamie de l’aider à élever le petit. Elles se sont soudées et le petit a grandit entouré de beaucoup de monde. Il était comme le 4ème enfant de Kelly. Il aura toujours ce traumatisme d’avoir vu sa maman mourir sous ses yeux, tué par son père mais il a été entouré d’amour et elles ont fait un travail remarquable.

 

L'appartement en rénovation étant à l'origine un local commercial dans une copropriété, nous avions besoin de l'accord de tous les propriétaires lors d'une assemblée générale. Nous avons monté un projet en béton, afin de convaincre ceux qui allaient être nos futurs voisins. Des mois de stress et d'attente pour pas grand-chose, car ils étaient finalement bien contents de savoir que ce ne serait pas une entreprise bruyante qui rachetait le local. 6, c'est est le nombre de mois que nous avons dû attendre, pour avoir toutes les autorisations du permis de construire. En effet, l'immeuble était situé sur les quais de Saône, à deux pas de la rue St Jean dans le vieux Lyon et de ce fait, il était protégé par les bâtiments de France. Ceux-ci n'arrivaient pas à se mettre d’accord sur la forme des fenêtres et par conséquent, nous y avons passé un temps fou à chaque RDV, pensant que nous n'arriverions jamais à avoir une réponse favorable. Nous avons passé 5 mois dans les travaux ce qui n'est finalement pas grand-chose étant donné qu'une fuite provenant de la salle de bains des voisins du dessus, nous aura retardé durant un mois et demi, nous empêchant d'avancer les murs. La rénovation a été complète, nous avons même écroulé la façade, effrayant les voisins qui s'imaginaient que l'immeuble allait s'écrouler. Évidemment ce mur n'était pas porteur et avaient été rajouté par la suite, comme précisé dans les archives de la copropriété. Nous avons donc décidé de le renforcer, pour que les fenêtres aient un appui plus stable. Nous avons fait d'une grotte, un loft de haut standing.

 

Nous y avons passé toutes nos soirées après nos travails respectifs jusqu'à 2 :00 du matin. Nous ne nous autorisions que le dimanche après-midi en famille. Nous n'avions plus de temps pour rien, pas même pour faire des courses. Le frigo étant vide, la fatigue se faisant vite sentir, et le temps nous manquant, les fast Food et nourriture à emporter, étaient nos repas durant toute la période de travaux. Le manque de nourriture saine et d'exercices physique s'est fait ressentir et nous avons pris inévitablement mon ex et moi quelques kilos. C'est à ce moment-là que Dany a changé de comportement. Il paraîtrait que peu de couples survivent à une période de construction ou rénovation de maison à cause du stress et de la fatigue que cela engendre. Nous n'aurons nous, pas échappé à cela. Il était très dur avec lui-même et lorsqu'il se regardait dans le miroir, il avait des phrases très humiliantes envers lui-même et très étranges pour un homme comme " je suis dégueulasse". Je ne comprenais pas qu'il puisse se trouver aussi horrible quand il n'avait pris que 4 ou 5 kilos tout au plus et que cela pouvait se perdre très rapidement en reprenant un rythme de vie normal. Un jour, alors qu'il a tapé une énième fois dans un mur prenant une colère pour une chose insignifiante, je lui suggérais qu’il devrait peut-être parler de son problème à quelqu'un. Il ne me l’aura jamais pardonné, imaginant que je le pensais fou. Je ne voulais toujours que son bien et je voyais que je n'arriverais pas à l'aider avec mes propres mots... Terminé les mots gentils, les compliments et la douceur. Il était devenu méchant et blessant dans ses paroles, m'humiliant dès qu'il en avait l'occasion. J'avais l'impression d'être devenue une femme sans cervelle et qu'il me trouvait si idiote, que j'osais à peine ouvrir la bouche. J’étais la personne à abattre, celle qui ruinait sa vie. Il me faisait me sentir coupable de sa prise de poids et de sa perte de "liberté", qu'il avait étant célibataire, ainsi que du mauvais cap qu'il passait. N'imaginez pas que je l’empêchais de sortir ou de voir ses amis comme pourrait le faire une femme très possessive. Moi au contraire, j'étais celle qui le poussait, lui proposant chaque jour de voir un ami différent, lui laissant tout l'espace dont je sentais qu'il avait besoin. Lorsqu'il rentrait du travail, je lui faisais couler un bain et le massait pour détendre ses tensions. Je le laissais devant la télé avec un petit apéro, pendant que je préparais le dîner. J’invitais ses copains à venir dîner cuisinant pour tout le monde, toujours dans l'idée de lui faire chaque jour plaisir. Je le savais perturbé et je j'avais compris qu'il cachait des blessures. Je voulais l'aider, mais tout ce que je faisais n'était jamais assez bien ou toujours très mal fait. Les compliments étaient pour ses copines qui étaient toutes "bien maquillées" ou "bien coiffées", alors que moi je passais inaperçue, malgré tout mon temps perdu dans la salle de bains à essayer de me faire belle pour lui. Il me rabaissait, pour se sentir lui, fort et important, moi, je le laissais faire, lui trouvant toujours des excuses qui n’étaient en réalité pas excusables. Je me suis perdue à nouveau, de manière différente cette fois, mais finalement je reproduisais un schéma sans m'en rendre compte. Je m'enfermais dans une relation impossible, avec une personne qui me rendait plus que malheureuse. En laissant de côté ma vie au profit de la sienne, j'ai une fois de plus choisis de souffrir. Je n'étais à nouveau plus une femme. Il avait également réussi à convaincre ses amis que je ne les aimais pas, leurs disant devant moi que je l’empêchais de les voir. C'était incroyable, car c'était moi qui les avais invités souhaitant ainsi rendre sa soirée plus agréable. Le pire, c'est que cela fonctionnait, je voyais bien dans les yeux de ses amis qu'ils ne me supportaient plus. Je pouvais percevoir la rancœur qu'ils avaient contre moi et je ne pouvais pas leurs en vouloir, ils étaient eux-mêmes manipulés par leurs amis. Quand je demandais à Dany pourquoi il me faisait tout ça, il s’effondrait en pleurant me répondant qu'il ne savait pas. C’était vrai, il ne pouvait pas expliquer son comportement vis à vis de moi, je le sais car j'avais un lien tout particulier avec lui et je sentais toutes ses émotions. Le fait que je respire son mal être par tous les pores de ma peau, faisait aussi que j’avais de la peine pour lui et que je ne lui en voulais pas, même s'il faisait de ma vie un enfer. Je ne m'étalerais pas à déballer toutes les méchancetés qu'il a pu me dire et tout ce qu'il m'a fait vivre, mais ce qu'il y a de sûr, c'est qu'il m'a détruite. Il m'a finalement quitté, contrôlant ainsi la relation jusqu'à son terme.

 

Dany était ce qu'on appelle un pervers narcissique. Une pathologie, car cela en est une, qui n'est pas si rare que cela. Bien souvent, nous confondons les pervers narcissiques avec des personnes toxiques et je précise que je reprends souvent les gens qui l’utilisent à tous va. La réalité est bien plus compliquée et le problème est bien plus profond. Le pervers narcissique vous coupe de vos proches, de vous-même. Vous arrivez à penser que vous ne vivez qu’à travers lui. Qu’il est votre oxygène et que sans lui ou sans elle car il y a aussi des femmes perverses, vous n’existez plus. Vous n’avez plus de but dans la vie et lorsqu’il ou elle vous quitte car on ne quitte pas un pervers, vous n’avez plus envie de vivre. Ils vous font un lavage de cerveau tellement puissant utilisant la manipulation au quotidien que vous êtes complètement dépendant de cette personne. Je n’ai manqué à la règle, je ne pouvais plus me lever de mon lit, j’étais à nouveau en dépression profonde. Je me trouvais inutile, stupide, grosse, insignifiante, et me demandais comment il avait pu s’intéresser un jour à moi. A contrario je le trouvais tellement incroyable que je pleurais chaque jour la chance inouïe que je pensais avoir perdu. Un jour j’ai marché jusqu’au pont en face de chez moi, je suis montée et je ne saurai jamais ce qui m’a empêché de sauter mais je me suis reprise et je remercie mes anges gardiens qui n’y sont sûrement pas pour rien. Les pervers narcissiques souffrent d'un mal être tellement important, qu'ils font souffrir leurs entourages pensants qu'en agissant de la sorte, ils souffriront eux-mêmes beaucoup moins. Ceci est faux bien sûr, lorsque nous faisons du mal à l'autre, c'est à soi-même que nous faisons le plus de mal. Il en va de même pour la rancœur : Lorsque nous souhaitons du mal à quelqu'un, finalement, c'est nous et uniquement nous qui en souffrons, l'autre n'ayant pas conscience de nos pensées et nos émotions ne peut donc pas être perturbé. Il est très important de retenir cela afin d’être en paix avoir son "moi" intérieur.


Je ne souhaite à personne de croiser un jour le chemin de quelqu'un atteint d'une telle pathologie, malheureusement beaucoup de personnes aujourd'hui sont déjà passées par là et reconnaîtront sûrement leur propre histoire en lisant ce chapitre.





CHAPITRE 6

 

Ce que je ne vous aie pas dit jusqu'à maintenant, c'est que depuis la mort de mon cousin, mon don s'était pratiquement éteint. Je ne parle pas de celui de médium, car j'entrais en contact avec Sébastien quand je le souhaitais. Je parle de la voyance, des "flashs" qu'on peut avoir, ou même ce sixième sens bien plus développé que la moyenne. Lorsque Sébastien est décédé, j'en voulais au monde entier. Je ne croyais plus en personne ni en dieu, ni en personne. On peut dire que j'avais perdu totalement la foi. Je pensais que si dieu existait, il n'aurait jamais permis qu'une personne aussi bonne décède si jeune. Je ne comprenais pas pourquoi il était accordé la vie aux pédophiles et autres tueurs en série et non pas aux personnes qui le méritaient. Il est toujours bien plus facile de reprocher aux autres ce que nous nous reprochons finalement à nous même. Je m'en voulais terriblement, donc j'en voulais à la terre entière. Personne n'avait rien fait pour lui c'était tellement injuste et invraisemblable. Toute cette rancœur envers dieu et envers moi-même, aura éteint mes ressentis et mes pressentiments, qui à l'époque, tenaient une place importante dans ma vie. Malgré tout, je savais qu'ils n'avaient pas complètement disparu. J'avais parfois un petit pincement au cœur qui me rappelait ce qui dormait en moi et que mon troisième œil pouvait se rouvrir à tout moment. (Le troisième œil est placé entre nos deux sourcils, celui-ci est un troisième regard, celui de la connaissance de soi. Par le troisième-il, nous voyons ce que les yeux ne peuvent pas voir. Nous en possédons tous un.)

 

J'étais anéantie par ma séparation et je n'avais plus le goût de rien. C'était comme si tout à coup, je ne savais plus vivre. J'étais tellement vide à l'intérieur que j'avais l'impression que ma vie n'avait plus de sens. Qu'allais-je devenir puisque je ne savais rien faire ? J'étais inutile, insignifiante et laide. Plus personne ne s'intéresserait jamais à moi, plus aucun homme ne me regarderait avec passion ou tendresse. J'avais loupé toutes les belles opportunités que m'avait offert la vie, c'était Dany qui avait raison : J'étais bonne à rien. Tous les projets que nous avions ensemble n'existaient et n’existeraient plus et jamais je n'aurais la chance de vivre cela à nouveau. J'avais été tellement rabaissé, que je ne croyais plus en mes capacités à relever la tête après cet énième échec. Car oui, je vivais la situation comme si j'avais échoué. Je n'avais pas réussi à garder l'homme de ma vie, celui avec qui je m'imaginais avoir une famille et vieillir. En réalité, l'envie d'un futur avec lui avait considérablement faiblit au cours des derniers mois et je ne voulais pas l'accepter. Je savais pourtant que cette situation ne pouvait pas durer et que je n’existais qu'à travers lui, mais malgré cela je n'étais pas prête. Je ne me sentais pas prête à vivre seule, à tout recommencer et à accepter de ne pas être celle qui pouvait l'aider à guérir. Pour la deuxième fois dans ma vie je laissais quelqu'un qui avait besoin d'aide sombrer : la première fois je n'ai rien pu faire pour mon cousin et cette fois-ci c'était l'homme que j'aimais que je n’aie pas réussi à aider. Un mélange de peine et de frustration et un sentiment d'avoir raté peut-être la mission de ma vie : Aider la personne qui partageait ma vie à aller mieux. C'était pire, il semblait que celui-ci allait bien mieux lorsqu'il était loin de moi. J'étais dans le noir total, ne voyant pas qu'il était loin d'être l'homme idéal, au contraire, il était un venin pour moi. Ses paroles étaient comme du poison, me rongeant à petit feu.

 

Je n'arrivais pas à comprendre ce qu'il M’arrivait : comment pouvais-je passer d'une vie parfaite, à ne plus rien avoir du tout ? En effet, l'entreprise pour laquelle je travaillais avait fermée, elle n'aura pas survécu aux dépenses innombrables de mon patron. Je n'avais donc plus rien : Plus de travail et plus de prince charmant. Tout m'arrivait en même temps, comme si le Bonheur qui m'avait été accordé m'avais été retiré. Je passais mes journées au lit, la dépression m’avait submergé à nouveau après toutes ces années, je retombais en plein dedans. Nous avons continué à vivre ensemble pendant 4 mois, partageant ainsi le même lit. Il m'a quitté en novembre et la cohabitation a pris fin en mars. Mon amie Brigitte a croisé Dany par hasard alors qu’elle passait en voiture, il était en compagnie d'une jolie blonde, main dans la main. J’ai préparé ses affaires et l'ait mis à la porte. Encore aujourd'hui j'ai du mal à croire que j’ai pu le mettre dehors de son propre appartement. Sans cela, la situation aurait pu durer encore bien longtemps. Je lui appartenais entièrement, j'étais à lui et il faisait de moi ce qu'il voulait. J'étais comme sa marionnette, obéissant au doigt et à l'œil à toutes ses demandes. Je n'étais plus maîtresse de mon corps et de mes pensées, comme si j'avais subi un lavage de cerveau.

 

Les premières semaines de cohabitation avaient été assez bizarres, car nous avons continué à partager nos repas, comme un vrai petit couple pourrait le faire, à la seule différence que les tensions entre nous pouvaient se sentir. Il soufflait le chaud et le froid et j'acceptais très heureuse dans mon moment de désespoir, les miettes qu'il voulait bien me jeter. Nous avions un canapé immense 3 mètres par 3 en angle. Lui restait de son côté, moi du mien comme deux inconnus. Un matin alors qu’il dormait chez son ami John, je me lève poussé par une voix me disant d’allumer l’ordinateur et que le facebook de Dany serait allumé. Il était allumé. Chose incroyable car je crois que je ne l’ai jamais vu en un an et demi de relation laisser son facebook ouvert. J’étais poussée, comme si ce n’était plus moi qui contrôlais. Je suis allée sur ses messages privés et malgré de nombreuses conversations avec des filles que je ne connaissais pas je suis allée voir ce qu’il se disait avec son ami John. Il lui disait simplement qu’il allait passer chercher l’appareil à raclette qu’il avait oublié chez lui au cas où je me rendais compte qu’il n’avait pas dormi là-bas. Il avait découché et ce n’était pas chez son ami. Sans l'appel de Brigitte m'avertissant qu'il avait une copine, j'aurais continué à lui préparer ses repas et à essayer d'être la parfaite petite femme d'intérieur car j’étais même prête à accepter qu’il couche avec d’autres femmes.

 

Il aura fallu une séparation pour que Dany commence à me faire des compliments ou plutôt qu'il démontre de la possessivité car j'étais "sa chose". En effet, quand je me préparais pour sortir, un trait d'eye liner sur les yeux rien de plus, comme chaque jour depuis mon adolescence, j'avais le droit à des réflexions du genre : " Et bien tu t'es fait belle, ou vas-tu ?". Je n'avais pourtant rien fait pour me mettre en valeur au contraire, la peine et les pleurs pouvaient se lire sur mon visage avec de jolis cernes bien creusées. En réalité, il ne supportait pas l'idée d'être dépassé par un autre ou que je puisse plaire à un homme. Je ne suis même pas sûr qu'il pensait ce qu'il disait lorsqu'il me disait que j'étais belle. Ce qu'il ne voulait pas, c'était perdre le contrôle de la situation. Il m'a souvent dit d'ailleurs que nous vivons beaucoup mieux une séparation lorsqu'elle vient de nous-même. Au contraire, si c'est l'autre qui nous quitte, nous avons beaucoup plus de mal à nous en remettre. Il avait eu beaucoup de mal à tourner la page de sa précédente relation ou il avait été laissé. La souffrance ressentie lui a donc créé la blessure d’abandon, il a donc préféré abandonner, pour ne pas être abandonné et ne pas revivre ce qu'il a vécu. Il pensait donc pouvoir s'en sortir bien mieux comme cela, prenant les devants afin de ne pas avoir de peine. Je pense que cela est complètement faux et que cela est une question de degrés des sentiments éprouvés pour l'autre et du niveau de dépendance dont nous faisons preuve. Une séparation sera beaucoup mieux vécue, si nous ne sommes pas dépendants de l'autre.

 

Le cousin de son meilleur ami travaillait dans une boutique non loin de chez nous, qui s'occupait des réparations de téléphones portables. Je lui aie emmené mon smart phone qui avait un souci au niveau du microphone. Nous avons beaucoup parlé de ma séparation ce jour-là et je lui aie expliqué les problèmes que nous avons rencontré Dany et moi. C'est comme ça que j'ai appris que Dany avait été victime de harcèlement à l'école lorsqu'il était petit. Il m'a expliqué qu'il se faisait frapper et humilier parce qu’il était petit et maigre. En quelques mots, il avait subi du harcèlement scolaire. Les enfants peuvent être très cruels lorsqu'ils ont quelqu'un dans leur ligne de mire et sont capables du pire. Ce fléau est bien trop pris à la légère et pourtant il peut causer de dégâts mentaux très grave chez l'enfant, qui le poursuivront tout au long de sa vie. Dany avait enduré toute cette souffrance sans ne jamais rien dire à sa famille. Il s'est mis à la musculation pour prendre du poids et ne plus être le petit maigrichon que tout le monde pointait du doigt. Il s'est ainsi créé l'armure qu'il lui fallait pour affronter le monde. Tout était clair maintenant : Dany à l'époque était timide et réservé, la musculation et les photos de mode lui ont donné la confiance dont il avait besoin. Il se sentait après cela puissant et capable de se défendre et en prime, il plaisait énormément aux femmes. Une petite revanche sur la vie dont il avait sûrement besoin. La prise de poids et la perte de ses muscles pendant les travaux lui ont fait perdre sa jolie armure et se sentant vulnérable, il s'est mis à attaquer avant qu'on ne l'attaque. Il avait donc besoin de rabaisser pour se sentir fort et existant. J'ai eu beaucoup de peine pour lui en apprenant tout ça, mais j'avais au moins l'explication dont tout le monde mérite pour comprendre pourquoi la personne nous quitte.

 

A l'époque où je travaillais comme assistante, j'ai fait la connaissance de Karine, une voyante. Elle est entrée dans mon bureau, me demandant mon ordinateur pour pouvoir accéder à sa boîte mail. Elle avait fait la connaissance de mon patron quelques jours plus tôt et celui-ci le lui avait proposé n'ayant pas de connexion Internet chez elle. Karine habitait au 78 du Quai Pierre Scize et nos bureaux étaient au 72 de la même rue. Nous étions donc voisins. Karine est venue presque chaque jour vérifier ses mails et papoter de tout et de rien. C'est en l'écoutant parler seule un jour que j’osa lui demander avec qui elle parlait. Elle se mit à rire en me répondant qu’elle parlait à ses amis là-haut pointant son doigt vers le ciel. Ma première impression fut de me dire que Karine était complètement folle. C'est à ce moment-là qu'elle m'a expliqué qu'elle était voyante et qu'elle avait eu sur son cabinet de voyance, avant son départ pour la République Dominicaine avec sa famille. J'ai trouvé la chose tout de suite très intéressante. Je suis du genre à penser que rien n'arrive par hasard et si Karine est entrée justement dans mon bureau, tissant ainsi de bons rapports de voisinage, c'est qu'on a dû me l'envoyer. Je lui aie donc posé de nombreuses questions sur la voyance et ses croyances.

 

 Karine était très pieuse : prières chaque jour et messe le dimanche. Autant dire que nous étions dans deux univers complètement différents. Elle insistait sur le fait que je devais me rapprocher de dieu, mais comme expliqué plus haut, il en était hors de question pour moi. Un jour, elle m'expliqua que lorsqu'une personne naît avec un don, celle-ci est "appelé" par le bien ou le mal car celle-ci va pouvoir servir ou l'un ou l'autre.  Elle me demanda si un jour la vierge Marie s'était manifestée sous forme de rêve ou autre. Je lui répondis que oui elle m'était apparue à l'époque deux fois. A trois reprises elle s'est présenté devant moi et je l'ai reconnue tout de suite la "virgen del pinarejo" la vierge du village où est né mon papa en Espagne. Avec ses longs cheveux longs ondulés châtains ses grands yeux bleus et surtout sa robe blanche brodée au fil d'or. Lorsqu'elle me posa cette question cela n’était arrivé que deux fois la troisième étant venue beaucoup plus tard alors que je vivais à l'étranger. Pas de lumière ou autre, non, elle se tenait devant moi aussi vivante que vous et moi.  Karine fit un bond, me trouvant tellement chanceuse d'avoir pu avoir une apparition de celle qu'elle vénérait. Elle était sous le choc ne comprenant pas comment après un tel signe qui m'avait été fait, je pouvais encore tourner le dos à la religion. Moi, je n'y voyais là rien d'important et surtout rien qui ne pouvait m'intéresser. Je voulais être voyante car j'adorais pouvoir sentir des choses, mais je ne croyais en rien ou plutôt je ne voulais croire en rien du tout. La rancœur et la rage envers la vie étaient plus importantes que tout le reste depuis bien longtemps. Je ne savais pas que l'un n'allait pas sans l'autre et sans la foi et l'ouverture de l'âme et de l'esprit, ressentir les choses est de l'ordre de l'impossible.

 

Je vous ai expliqué plus haut que je me suis retrouvée en haut d’un pont un jour. C’était un après-midi où la peine et l'angoisse étaient à son maximum, je me suis retrouvée en haut de la passerelle de l'homme de la Roche, passerelle surplombant la Soane. Je ne sais pas comment je me suis retrouvée là, bien que celle-ci soit à deux pas de chez moi, je n'ai pas le souvenir d'avoir marché jusque-là. Ce qui est sûr, c'est que j'étais sur le point de sauter, voulant mettre fin à cette peine qui me consumait entièrement. J'ai eu un déclic. Une petite voix intérieure qui me disait que je n'étais pas seule et que je m'en sortirais. Peut-être était-ce l'instinct de survie ou mon guide qui essayait de me tendre la main, toujours est-il que j'ai vu là l'aide dont j'avais besoin. Il fallait que je me raccroche à quelque chose, que je puisse croire que quelqu'un voulait que je vive. Chose totalement stupide j'en conviens, car nous avons tous des proches qui nous aiment. Dans ces moments-là, où la dépression est plus forte que tout, nous avons tendance à les oublier nous ne pensons qu'à notre peine et ne réfléchissons pas au fait que nous laisserions nos familles et nos proches dans le plus triste des bouleversements.

 

J'ai décidé d'aller voir un voyant qui affichait des prix dérisoires sur le site "Groupon". (Ce site a pour but de nous faire profiter des services locaux à prix imbattables). Celui-ci était parfait car il venait d'ouvrir son cabinet la porte à côté de chez moi. Comme je l'ai précisé plus haut, nous ne devrions pas consulter de voyant lorsque nous traversons une mauvaise période. Le cerveau n'étant pas prêt à accepter ce que le voyant va nous dire, nous pouvons en ressortir encore plus blessés. C'est ce qu'il s'est passé pour moi, celui-ci ne m'a pas annoncé ce que je souhaitais qu'il me dise et j'en suis sortie plus que meurtri. Il ne voyait pas de réconciliation, au contraire il le voyait revenir mais bien tard lorsque j'aurais tourné la page. Il ne me voyait pas avoir de relation sérieuse avant au moins deux ans. Je n'en croyais pas un mot car j’étais au plus mal et tout avait l'air d'aller très bien pour lui. Je ne voyais pas comment avec ce que j'éprouvais, je pouvais passer à autre chose. Mon amie Brigitte a trouvé scandaleux qu'il me dise des choses si négatives et m'a proposé d'aller voir son amie, qui elle aussi était voyante. Celle-ci était beaucoup plus positive, mais chose étrange elle me dit la même chose que le voyant : Mon ex reviendrait mais moi, je n'en voudrais déjà plus.

 

J'ai tenté de faire de nouvelles rencontres amoureuses, pensant que ce serait plus facile d'oublier de cette manière. J'ai fait la rencontre d'un jeune papa célibataire plutôt mignon qui me proposa un dîner. Il était sympa et sentait bon, il m'avait apporté de belles fraises et du champagne. Je ne bois pas d'alcool mais ça, il ne pouvait pas le savoir ne me connaissant pas. Nous avons passé une soirée plutôt agréable et au moment de se dire au revoir il m'a embrassé. Je n'étais pas prête pour cela et j'ai passé la nuit à vomir de dégoût. Je n'étais pas prête à ce qu'un homme m'embrasse et encore moins à m'imaginer avec un autre. Je n'avais besoin que d'attentions et de me rendre compte que je pouvais à nouveau plaire, mais hors de question qu'un homme me touche. Cette soirée avait été une douche froide me rappelant à quel point j'étais sous l'emprise de Dany.

 

J'ai renoué avec dieu et je me suis mise à prier avec force et intensité. Matin midi et soir, je suppliais le ciel d'arrêter cette souffrance qui me dévorait. Je découvrais qu'il existait des prières pour chaque situation de la vie. Sainte Rita a été celle vers qui je me suis le plus tourné, lui demandant chaque jour d’avoir pitié de moi. Les prières à Sainte Rita lui sont souvent adressées lorsque le cas est désespéré. Grâce à la foi, j'ai relevé la tête et recommencé à sortir. J'avais trouvé quelque chose en quoi me raccrocher pour ne pas succomber à l'envie de mettre fin à une vie si éprouvante. C'est lors d'une petite balade dans la magnifique rue de St Jean mon quartier si cher à mon cœur, que j'ai découvert par hasard une magnifique petite boutique ésotérique. Je n'avais jamais remarqué qu’il y avait une boutique de ce genre dans cette rue et j'y suis entré renouant ainsi également avec la voyance. Des pendules, des tarots, des encens et des bougies. Il y avait tout le nécessaire pour débuter dans la voyance. J'ai acheté un petit "tarot de Marseille" étant donné que le mien avait disparu. Je l’aie travaillé tous les jours afin que celui-ci me parle et qu'une connexion soit effectuée. J'en voulais chaque fois plus et j'ai donc acheté un pendule en quartz rose (pierre de l’amour). Évidemment nous savons tous que ma déception amoureuse m'a poussé dans ce choix. J'ai également pris un deuxième tarot "le petit Lenormand", que j'ai pu découvrir chez l'amie voyante de Brigitte. Je le trouvais magnifique et il m'a tout de suite "parlé". J'avais tellement besoin d'être rassurée sur mon futur que j'ai dû épuiser mes pauvres tarots. Chaque question que je me posais, je sortais mes cartes et des questions, j'en avais des centaines par jour...

 

L'appartement avait du mal à se vendre, nous nous doutions que cela arriverait depuis la conception de celui-ci. En effet s’il était dans une zone très prisée, il n'avait qu'une chambre la deuxième pièce qui était un dressing étant bien trop petite pour pouvoir en faire une chambre. Le deuxième problème était la clarté, intérieur sur cour et RDC il n'avait aucune clarté naturelle. Autrement dit si nous n'allumions pas la lumière nous étions dans l'obscurité totale. Pour en rajouter une couche, il possédait des marches à l'entrée et également trois pour accéder à la buanderie. Autant de points négatifs qui repoussaient terriblement les possibles futurs acquéreurs. Lors de la conception des plans, j'avais visé un jeune célibataire gay dans la vie active, qui n'aura pas dans l'idée de faire une deuxième chambre pour les enfants. Un mois et demi que l'appartement était sur le marché et aucune offre, justement à cause des inconvénients cités. Le souci c'est que le budget pour un loft dans le coin était celui d'une famille. Dany m'a donc suggéré de passer par une agence car nous nous occupions nous même jusque-là de la mise en ligne du bien.

 

Lors de ma première rencontre avec l'agent immobilier qui allait avoir la charge de la vente, au premier contact, lorsque je lui ai serré la main, j'ai su que ce serait elle sa prochaine relation. Elle m'a tendue la main avec un joli sourire enjoué, j'ai vu son alliance, mais j'ai surtout vu qu'il se passerait quelque chose avec elle. Dany était assis sur le canapé et je l’aie rejoint en lui demandant s’il la trouvait jolie. Il me répondit évasivement. Je ne l’aie jamais trouvé plus faux et menteur qu'à cet instant. En réalité, Dany était un menteur et manipulateur né, seulement, aveuglé par l'amour, je refusais de l'accepter donc de le voir. Ne dit-on pas que l'amour rend aveugle ? Je me rappelle avoir appelé le lendemain ma cousine (amie) Aline pour le lui raconter. Elle a crû immédiatement en mon ressenti et m'invita vivement à faire cracher le morceau au concerné. C'était impossible, comment lui reprocher quelque chose qui n'existait encore pas ? Surtout que Dany n'avait pas connaissance de mes capacités. Dany ne savait rien de moi, pas même pour ma perte de poids. J'avais tellement peur de le perdre, qu'à bien y réfléchir, je n'ai jamais été moi-même en sa compagnie.

 

Trois mois après ma rencontre avec l'agent immobilier, alors que la cohabitation avait pris fin, j'ai su que cela allait arriver. J'ai appelé Aline pour lui expliquer mon pressentiment qui me disait que le moment était venu, Dany et Elise commençait à se fréquenter. Une semaine plus tard, je recevais l’appel de mon amie Brigitte qui l’avait croisé main dans la main avec la blonde.

Bien qu'il ait quitté le domicile, il continuait à venir me voir quand bon lui semblait, faisant de moi sa chose. Dany avait compris que je parlais avec d'autres hommes sur Internet et il ne pouvait pas le supporter. Il aura été odieux avec moi, enchainant les comportement à la limite de la stupidité. Comme des messages qu'il m’envoyait m'avertissant de son passage à l'appartement, alors qu'il n'avait pas l'intention de venir. Je passais ma nuit à l'attendre désespérément. Le but étant, au cas où l'idée m'avait traversée la tête d'inviter un homme chez nous, de m'en décourager. J'ai aussi eu le droit aux menaces : "Préviens ta famille, si je te croise avec un homme, je vous tue tous les deux. Il va y avoir des meurtres". J'avais conservé tous ses SMS de menaces ou cas ceux-ci étaient mis à exécution.  Il est assez triste de constater comme les personnes changent lors d'une séparation et nous en venons toujours à nous demander si nous avons un jour vraiment connu la personne qui a partagé notre vie. Nous avons l'impression d'avoir rêvé et que la personne que nous avons en face nous est complètement inconnue.

 

J'avais besoin d’une preuve qui allait mettre fin à tout cela. J'ai cherché partout réseaux sociaux, les documents laissés par l'agent. Je ne trouvais rien. J'ai supprimé immédiatement Dany de mes contacts Facebook lorsqu'il m'a quitté afin de ne pas voir ce qu'il faisait. J'avais bien trop mal de voir qu'il était heureux sans moi et je ne voulais pas tomber dans l'obsession de regarder tous les jours son mur. J'avais très à cœur de vérifier que mes soupçons étaient fondés et je suis allé vérifier sa liste d'amis Facebook. Il y avait beaucoup de nouvelles filles dans ses contacts mais aucunes ne m’interpellait, sauf une : brune, cheveux bouclés. J'étais au téléphone avec Aline et je lui aie dit " cette fille Coralie Rodet, elle est de sa famille j'en suis persuadée" mais alors pourquoi est-ce que Élise, qui était le prénom de l'agent, elle, ne figurait pas parmi sa liste d'amis et surtout pourquoi cette fille qui ne ressemblait en rien à la blonde ? C'était plus fort que moi, j'y pensais nuits et jours. En véritable petit détective privé, j'ai mené mon investigation sans relâche. J'ai vérifié les papiers d'Elise qui s'appelait "Telpa" sur tous ses papiers mais comme annoncé plus haut celle-ci portait une alliance, il se pouvait donc que "Telpa" soit le nom empreinté à son époux. Je ne pouvais pas me tromper, j'étais sûre de moi je le voyais tellement clairement. J'ai à nouveau retourné les papiers signés lors de l'engagement avec l'agence et là sa petite carte de visite tomba. Je lis ce qui était écrit en tout petits caractères, son adresse mail : Elise Rodet confirmant mes soupçons. Celle-ci portait son nom de mariée, et était bien parente de la brune dans les contacts de Dany. J'ai informé immédiatement mon amie qui était partagée entre le choc de mon pressentiment si précis et le fait qu'elle n'avait jamais douté de moi.

 

Malgré le fait que j'avais maintenant la certitude que mes soupçons s'avéraient bel et bien fondés, comment dire à Dany que j'étais au courant ? Comment lui demander d'être enfin honnête avec moi ? J'avais besoin de ça pour faire mon deuil et avancer. Je me suis couchée et j'ai demandé à mes guides de m'aider à faire en sorte qu'il avoue. De créer une situation qui le forcerait à me dire la vérité. Le lendemain, Dany est passé afin de changer le dressing de place. Ce jour-là mon souhait a été exaucé, le téléphone de Dany se mit à vibrer dans le salon, sur la table. Jamais, en un an et demi, nous n'avions eu de réseau téléphonique à l'intérieur. Nous devions sortir de l'immeuble afin de retrouver le réseau téléphonique à cause des murs en pierres épais de 50cm. Devinez qui l'appelait ? "Élise Tespa". J'ai regardé son téléphone qu'il s'est empressé d'éteindre très gêné ne comprenant pas comment il avait pu sonner. J'ai attendu qu'il s'en aille et je lui aie dit par SMS que je savais qu'il était avec elle. Il a d'abord nié, me traitant à nouveau de "folle". J'ai donc joué à son jeu de mensonges, prêchant le faux pour avoir le vrai. J’ai menti et lui ait fait croire que quelqu’un me l’avait dit. Il a avoué, c’était terminé je pouvais tourner la page.

 

Les jours passaient et bien que la foi fût là, ma douleur au cœur était toujours aussi vive. J'avais l'impression que je pouvais faire une crise cardiaque à tout moment. Celle-ci était par moment si violente qu'elle me réveillait la nuit. J'ai regardé sur les forums "comment oublier son ex". C'est là que je suis tombé sur une conversation ou une femme expliquait qu'elle avait utilisé un rituel afin de ne plus souffrir et que celui-ci avait parfaitement fonctionné pour elle. Je me suis intéressé de près à l'état de la lune qui devait être descendante afin de "défaire" les sentiments. J'ai acheté une bougie rouge à ma boutique préférée et des aiguilles dans une mercerie. Je devais attendre le premier quartier de lune descendante et cela devait avoir lieu un vendredi. J'ai écrit son prénom sur la bougie, j'ai planté mes aiguilles et récité la phrase qui devait me faire "oublier". La bougie devant se consumer entièrement, elle devait être placée dans l'évier afin d'éviter tout incendie. Me voilà tentant le tout pour le tout, à me faire de la magie, afin de ne plus aimer une personne qui ne voulait plus de moi. J'étais tombée bien bas... Croyez-le ou non, à la prochaine pleine lune, je me suis couchée en pleurs, plus malheureuse et triste que jamais et à mon réveil tout avait disparu : plus de douleur dans la poitrine, plus d'envie de pleurer et surtout plus de sentiments envers Dany. C'était comme si j'avais fait un mauvais rêve, et que je m'étais enfin réveillé.

 

Je reprenais goût à la vie avec mon cousin Lolo qui était toujours à la maison étant lui aussi en déprime. Nous avons fait la connaissance d’Anne - Marie et son frère Jimmy lors d'une soirée à l'aperiklub. Celle-ci cherchait les toilettes et je lui aie proposé de l'accompagner. Drôle de façon de nouer des amitiés que celle de montrer le chemin vers les WC. Nous avons discuté toute la soirée et je les aie invités à se joindre à nous pour l'apéritif que j'organisais le lendemain chez moi. A ma grande surprise, Anne - Marie était ravie de mon invitation souhaitant se faire de nouvelles amitiés, ma proposition ne pouvait pas mieux tomber. Elle était en pleine séparation douloureuse et venait de vendre la maison qu'elle avait construit avec son ex. Autant de similitudes, nous donnaient encore plus envie de nous rapprocher toutes les deux. Anne-Marie était blonde aux yeux bleus et portait des lunettes. Son frère lui un grand costaud avec les yeux de la même couleur. Les deux étaient très différents : Lui très timide au vu de son métier de chauffeur poids lourd le coupant de la vie sociale. Elle, au contraire très sociable adorait se faire de nouvelles connaissances. J'ai donc présenté le nouveau duo à ma bande d'amis tous célibataires : Célia, Chloé et Lolo qui l'a connue en même temps que moi. J'ai connu Célia en attendant le tramway un jour de grève de la compagnie de transport, il me semble que c'était en 2009. Nous avons parlé ce jour-là comme si nous nous connaissions déjà, Célia était aussi sociable que moi. Nous nous sommes revus chaque matin, au même arrêt pour partager un petit bout de chemin ensemble. Ce petit rituel a duré quelques mois, puis nous avons échangé nos numéros. Chloé quant à elle, je l’aie connue alors que nous travaillions toutes les deux en tant qu'hôtesses de caisse pour une grande enseigne de décoration. Tout le petit groupe s'est entendu à merveille comme si nous avions été unis depuis toujours. Anne-Marie et son frère sont venus ce samedi-là puis tous les week-ends qui ont suivis. Tous les membres de la petite bande étant en quête de Bonheur, nous étions inséparables. Nous sortions chaque week-end, Anne-Marie au départ un peu timide, se lâchait et parlait avec tous les gens qu'elle pouvait croiser sur son chemin.


Les moments passés entre nous, auront été (je parle au nom de tous) salvateurs et mémorables.





 

CHAPITRE 7


 

J'ai rencontré Michel sur un site de rencontres, un jeune papa célibataire qui n'était absolument pas remit de sa séparation. Je pensais pourtant qu'il fuirait après ce premier RDV dans le 6ème arrondissement de Lyon où nous avons partagé un verre. Ce jour-là et pour la première fois, j'ai sondé l'âme en profondeur d'un inconnu. Je l'ai mis à nu comme jamais auparavant personne n'avait jamais osé le faire. Je lui aie parlé de ses craintes, ses peurs, ses blessures mais aussi et surtout, de la chose dont il n'avait jamais parlé avec personne : Le manque d'expression des sentiments dans sa famille. Chez lui, ils ne se disent pas je t'aime et évidemment cela créer un blocage, car même si nous le savons pertinemment, ce sont des mots que nous avons tous besoin d'entendre. Je l’aie vu tellement déstabilisé, que j'étais persuadée qu'il ne me rappellerait pas. A ma grande surprise il m'a écrit en rentrant, m'expliquant quand même que cela aurait pu le bloquer, car je n'y suis pas allé avec le dos de la cuillère. Michel habitait à Belley une petite ville à la campagne à une heure trente de chez moi et malgré la distance il est venu me voir à chaque fois qu'il le pouvait. Il appréciait tout particulièrement l'ambiance qu'il y avait au sein de mon groupe d'amis. Il venait de signer pour un terrain avec son ex-compagne lorsqu'ils se sont séparés, il a décidé de continuer seul son projet, construisant une maison immense de ses propres mains. Il avait vraiment beaucoup de mérite, je ne sais pas si j'aurais pu à sa place, poursuivre seule un si gros projet qui était à la base, prévu à deux, pour une vie à trois avec leurs fils. Nous nous sommes vus pendant un mois sans qu'il ne se passe vraiment quoi que ce soit. Nous avions tous les deux besoins de sentir que nous pouvions plaire encore à quelqu'un de bien, mais aucun des deux n'était prêt à entamer une relation et à aimer à nouveau. Nous avons été l'épaule dont chacun avait besoin et même après avoir décidé d'un commun accord d'arrêter, nous avons choisis de rester amis, chose que je n’avais jamais fait auparavant préférant couper court à une relation qui pourrait devenir malsaine. Il n’y avait pas eu d’amour entre nous mais une belle amitié s’était installée et je n’avais pas envie de perdre ça.


Michel a refait sa vie et a eu une petite fille avec une jolie brune.

 

Lorsque nous souhaitons quelque chose de tout notre cœur et que nous sommes persuadés que cela va arriver, ces choses tant désirées viennent à nous, cela s'appelle la loi d'attraction. Au contraire, lorsque nous sommes convaincus de la non-réussite de notre souhait, celui-ci aura du mal à se réaliser. Nous sommes "des émetteurs", comme si nos pensées étaient branchées sur des petites ondes radios et que seules les pensées négatives pouvaient créer des interférences. Il y a deux possibilités que peux vous expliquer sous forme d'exemples : Je souhaite une nouvelle voiture, je sais que je vais me l'offrir où : Je souhaite une nouvelle voiture mais je sais que je n'arriverais jamais à me la payer. Dans le premier cas je fais preuve d'assurance et je suis persuadée que cela va arriver, l'onde émise est très claire : Je veux, j'aurai. L'univers comprend qu'il doit vous envoyer une voiture. Dans le deuxième cas, je veux mais je sais que non, l'univers ne comprends que l'affirmation ou la négation oui ou non et là c'est un non pour cause de pessimisme. Là où je veux en venir, c'est que nous sommes maîtres de nos pensées. Tous les grands ambitieux sont persuadés qu'ils réussiront leurs vies dès leurs plus jeunes âges, et ils la réussissent. En magie c'est pareil, peu importe le support que vous utiliserez, si vous ne croyez pas en ce que vous faites, donc en vous-même et au pouvoir de votre demande, votre rituel échouera. J'étais très attiré par la magie pendant une période : Attirer l'amour, la chance, maigrir ou même faire un vœu. J'en aie testé pas mal durant une période. La magie n'est pas mauvaise si elle n'est pas utilisée à mauvais escient au contraire elle peut avoir de réels bénéfices au quotidien. Les gens ont une mauvaise image de la magie, pensant que celle-ci ne peut être que malédiction et envoûtement. La magie noire, qui consiste à manipuler les pensées, les actes, ou à provoquer la malchance à une tierce personne, existe bien évidemment, mais n'est pas utilisée par tous les sorciers. Il y a ceux qui utilisent la magie blanche afin de guérir, soigner, ou même aider une personne qui ne va pas bien psychologiquement, en ayant bien sûr toujours son consentement. La magie rouge, qui est celle utilisée pour les retours affectifs, n'est en réalité que de la magie noire maquillée. Un nom un peu plus joli lui a été trouvé, afin de mieux pouvoir faire accepter la chose aux futurs clients dans le désespoir. En effet, certaines personnes sont parfois prêtes à tout dans leur désespoir et ne savent pas vraiment à quoi ils s'exposent. Agir contre la volonté d'une personne, c’est l'obliger à agir contre son gré, c'est donc de la magie noire. Et je ne peux que vous avertir du danger de ces pratiques. Bien sûr, la magie noire donnera des résultats beaucoup plus rapides, d'où son attrait, mais le retour de bâton est inévitable. Personne ne connaît exactement quel sort peut-être réserver lors du retour de bâton, car tout dépend de la situation de chacun. Ce qu'il y a de sûr, c'est que vous devenez redevable à l'entité maléfique qui vous aura aidé. Dans le mal rien n'est gratuit. Le mal reste et restera toujours le mal. Si vous arrivez à fuir vos obligations de paiement envers celui-ci, vos enfants payeront pour vous : Les enfants payeront pour les crimes de leurs parents comme il est dit dans la bible. C'est aussi une histoire de karma. Faites le bien, l'univers vous remerciera en vous envoyant du bonheur et de la joie en retour. Faites le mal, vous en souffrirez et cela sera multiplié par trois d'où le nom : "loi du triple retour bâton".

 

Durant tous les mois de ma séparation, j'avais espoir que les choses s'arrangent. Je craignais tellement le futur, que je me suis accroché fortement au passé. J'ai créé par deux fois dans ma vie, comme une barrière invisible, un bloc qui empêchait les choses de se produire. La première, lors de cette séparation ayant du mal à envisager le futur. Toute la période où j'étais dans la non-acceptation l'appartement ne se vendait pas, il n'avait presque pas, où très très peu de visites. Dès que j'ai eu envie de m'en débarrasser, c'est à dire quand je me suis rendu compte que ma vie n'avait jamais été aussi belle depuis ma liberté enfin trouvée, (après ce fameux rituel d’oubli) celui-ci s'est vendu. Cela ne faisait que quelques jours que je fréquentais Michel et tout était clair enfin dans ma tête : Je ne voulais plus de Dany. J'arrivais enfin à voir qu'il n'avait été qu'un boulet dans ma vie m'empêchant d'avancer et d'être moi-même. Qu'il y avait d'autres hommes susceptibles de me plaire et à qui je plaisais également. Je n'ai pas pu l'aider ?! Eh bien tant pis... Je lui souhaitais de trouver le bonheur et de trouver un moyen d'y arriver en guérissant ses blessures, mais bien loin de moi. Terminé la sensation d'avoir échoué avec lui, j'avais désormais en tête que je n'étais pas celle qui devait avoir ce rôle. Cette vie libre, ou je me sentais à nouveau jolie et intéressante, m'avait donné envie de vite vendre ce bien qui me liait encore à Dany. Et de devenir un peu égoïste en pensant enfin à moi et à des projets de mon côté, seule. C'est encore une fois la loi d'attraction : je voulais que l'appartement se vende, mais pas vraiment dans le fond, à cause de mes sentiments et de l'espoir que j'avais d'une éventuelle réconciliation. Ce mélange de sentiments et de confusion a créé un blocage sur la vente. Le jour où je l’aie réellement voulu, les choses se sont faites naturellement et très rapidement.

 

L'appartement s'est très bien vendu, il a même été la plus belle opération financière qu'il m'ait été donné de faire avec quelqu'un. C'est à ce moment-là que Dany s'est rendu compte que je n'étais plus à lui. Je voyais bien dans son comportement qu'il tentait un rapprochement, sa relation avec l'agent immobilier n'ayant rien donné de sérieux, il regrettait la stabilité qu'il avait eue avec moi. A aucun moment je n'ai soufflé le chaud et le froid comme il a pu le faire avec moi. J'ai toujours été très claire avec lui et je ne lui aie jamais laissé d'espoirs. Un jour, il m'a écrit en me disant que j'avais raison qu'il n'était pas heureux seul et qu'il aimait lorsque j'étais avec lui à l'appartement. Ma réponse a été catégorique : "je suis désolé mais je n'ai jamais été aussi heureuse que je le suis aujourd'hui". Certains me trouveront peut-être dure, moi je dirais que j'ai été fidèle à moi-même en étant simplement honnête. Il m'a répondu que cette séparation aura au moins permis à un des deux de trouver le bonheur. C'est le moins que l'on puisse dire, j'étais on ne peut plus heureuse mais malgré cela, je ne lui voulais pas de mal loin de là. J'ai vu mon cousin Lolo bien trop souffrir de sa séparation avec Annie. Celle-ci avait du mal à lui pardonner de l'avoir quittée pour une autre. C'est compréhensible mais je pense qu'elle souhaitait peut-être se venger en lui faisant croire qu'il y avait un petit espoir qu'ils se retrouvent. Sa rancœur était bien trop grande et je trouve cela dommage, ces deux-là s'entendaient vraiment bien et j'appréciais particulièrement Annie qui est toujours ma banquière aujourd'hui mais elle est humaine et la rancœur était trop grande. Malgré le fait que Dany m'ait fait souffrir, je ne lui voulais pas de mal et j'ai été présente pour lui quand il en a eu besoin répondant présente dans chacun de ses moments de désespoirs. Il savait que c'était fini mais il avait besoin de me voir chaque jour. Je ne voulais pas qu'il développe de blessure d'abandon, alors je faisais en sorte qu'il ne le soit pas et qu'il se sente soutenu. Cela a duré quelques mois, jusqu'à ce qu'il se sente bien avec la nouvelle copine qu'il venait de rencontrer. Il a quand même continué à m'écrire me montrant sa jalousie, alors qu'il vivait avec sa nouvelle compagne. Je pense qu'elle doit aussi connaître l’humiliation de la part de Dany, car aux dernières nouvelles celui-ci m'avait annoncé qu'il l'avait inscrite dans une salle de sport pour qu’elle perde 10 kilos. Forcer quelqu'un à perdre du poids est la meilleure façon pour que cette personne fasse un blocage et ne perde rien du tout. J'ai eu de temps en temps des messages par ci par là, jusqu'à ce que je rencontrai à mon tour quelqu’un lorsque je vivais à Palma et que je lui annonce. Le fait de savoir que celui-ci avait rencontré ma famille lui aura fait comprendre me connaissant que c’était fini pour lui. Cela aura été radicale.

 

L'appartement vendu, je devais trouver un logement rapidement et Karine mon amie voyante m'a proposé son appartement sur les quais. Je n'ai pas déménagé bien loin car rappelez-vous, celui-ci était situé l'allée juste à côté de la mienne. Il n'était pas vraiment à mon goût, plutôt ancien avec des meubles qui auraient pu appartenir plus à ma grand-mère qu'à moi, même si je dois le reconnaître, il avait quand même son charme, étant tout en pierre et poutres apparentes. Le truc fou de cet appartement, c'est qu'il possédait ce qui était : " Une cave" sur le papier. En réalité, en descendant les quelques marches, on pouvait découvrir un vrai trésor Lyonnais : Des thermes romains d'une beauté époustouflante. Il y avait comme des sièges creusés dans la roche, ou j’imaginais les propriétaires d'une autre époque s'y allonger et profiter de la fraîcheur du lieu.  L'eau quant à elle, provenait de la célèbre colline de Fourvière, et terminait sa chute, se jetant dans la Saône. La pureté de son eau était à peine croyable quand on voit celle de la Saône ou la couleur est un mélange de marron et de vert assez repoussant, qui n'invite pas à la baignade. Ce lieu on peut le dire était "magique". Pas de pompe rien, tout était propre comme par enchantement. Malgré tout cela, je n'ai jamais réussi à me sentir bien là-bas à cause du bruit, étant donné que l'appartement donnait côté rue. Le samedi soir venu, tous les fêtards se donnaient rdv pour écumer tous les bars du coin et bien souvent, les bagarres éclataient et finissaient contre la vitre de mon appartement. J'étais parfois terrifié, pensant qu'un jour j'allais retrouver un homme complètement saoul dans mon salon. Heureusement, une grille comme celle que l'on trouve en devanture de magasin, rendait cela impossible. J'avais hâte de trouver un bien à acheter mais je ne trouvais rien qui puisse m'intéresser et encore moins dans mon budget. Tous les appartements que je pouvais me payer étaient dans des quartiers où je ne souhaitais pas vivre et je n'arrivais pas à avoir le coup de cœur que j'attendais. Me retrouvant sans emploi, un prêt était alors impossible, je devais me contenter de ce que je pouvais me permettre d'acheter.

 

J’ai enchaîné les rencontres, cherchant désespérément quelque chose que je ne pourrais pas trouver. J'ai connu tous types d'hommes tous plus beaux et intelligents les uns que les autres sans jamais tomber amoureuse. J'avais ce besoin impératif d'aimer qui prouvait bien en fin de compte, que je n'étais pas prête à aimer qui que ce soit. J'ai rendu fous mes amis qui avaient du mal à suivre ma vie trépidante, j'ai eu parfois 3 rdv en 1 journée, qui ne débouchaient en général sur rien d'autre qu'un verre partagé dans un bar. Parfois un baiser était échangé et rien de plus, fermant ma porte à toute histoire alors que c'était ce que je cherchais. Si un homme captait mon attention et que je le revoyais de manière régulière, c'était qu'à coup sûr, la relation était vouée à l'échec. J'ai connu le persistant : Celui qui insistait tellement que je me suis sentie harcelée. J'ai rencontré aussi un jaloux maladif, qui s'invitait à n'importe quelle heure dans le but de me surveiller. Celui-ci a d'ailleurs payé un site Web afin de pirater mon compte Facebook et cela ne faisait que 10 jours seulement que je le connaissais. Il y avait de quoi prendre peur et fuir ! Il s’était persuadé que j'avais d’autres hommes dans ma vie. Il faut savoir qu'il avait été trompé par son ex, d'où sa jalousie excessive et que nous avions une belle différence d’âge lui étant mon cadet de 10 ans.  Lorsque j’entame une relation, je suis très fidèle, si je décidais ne serait-ce que de revoir un homme, c’était lui et aucun autre. Mais allez dire à une personne qui a un problème avec la confiance qu’il faut croire en une femme connue sur un site de rencontres. Toutes ces rencontres ne menaient à rien et je ne me rendais pas compte que je cherchais à l'extérieur, l'amour que je devais trouver à l'intérieur de moi-même. Je manquais cruellement de confiance en moi, à cause de toutes les blessures accumulées jusque-là. J'avais été marqué au fer et j'allais avoir besoin de beaucoup de temps afin de redonner ma confiance à un homme.

 

Mon amie Célia m'a parlé d'une voyante que Maëlys, sa meilleure amie de l'époque lui aurait présenté. Elle me vanta sa clairvoyance d'une précision telle, qu'elle pouvait donner des prénoms et des lieux. J'ai décidé de tester, je voulais savoir à quoi ressemblaient ses tirages et quel genre de femme était Sofia. Je n'ai pas été déçue, j'en suis sortie comme "ailleurs" ayant du mal à réaliser tout ce qu'elle m’avait annoncé en un temps record. Sofia déballe tout ce qu'elle voit et entend d'une rapidité incroyable. J'avais mon stylo et mon papier afin de noter tout ce qu'elle me disait et j'avais parfois du mal à suivre la cadence. Cela faisait quelques jours que je commençais à regarder les appartements sur l'île de Majorque en Espagne qui m'a toujours fait rêver. Après tout, ma vie n'avait pas brillé de réussite en France alors pourquoi ne pas tenter de tout recommencer et de profiter du fait que je n'avais pas réellement d'attaches si ce n'est mes parents frères et neveux. C'est mon cousin, le grand frère de Lolo qui m'a suggéré de refaire ma vie là-bas lors d'une réunion de famille et m'a parlé des appartements de banques. Les Espagnols ayant contracté des prêts à taux variable ont souffert de la crise et connu le chômage et la hausse des taux immobilier leurs auront été fatal. Beaucoup de familles se sont vu saisir leurs biens qu'ils payaient parfois, depuis déjà de nombreuses années. Je n'avais encore parlé de ce projet à personne et Sofia m'a tout de suite dit qu'elle me voyait acheter et rénover de nombreuse fois et qu'un appartement venait tout juste d'être vendu. Jusque-là c'était assez juste elle me dit qu'elle me voyait acheter en Espagne au bord de la mer. Alors là... Surprenant ! C'était donc cela, j'allais donc vraiment trouver mon appartement là-bas. Elle m'expliqua que j'allais justement y aller d'ici peu pour visiter des appartements en compagnie de 'Michel". J'avais un peu de mal à croire que j'irais à Palma en compagne de Michel. J'ai noté tout ce qu'elle m'a dit essayant de ne rien oublier.

 

Quelques semaines plus tard, je tombe sur une annonce très alléchante qui me fait réserver sur le champ un bus au départ de Lyon direction Barcelone et un avion depuis Barcelone vers Palma.  En effet, décembre n'étant pas la saison du tourisme, il n'y avait pas de vols directs depuis Lyon vers Palma. Afin de pouvoir être sur place le lendemain, celle-ci était donc ma seule possibilité. Je suis allée dans un point Internet afin d'imprimer le billet de car qui me conduirait à Barcelone. Quelle fut ma surprise de voir qu'aucune réservation n'avait été effectuée avec mon adresse électronique et qu'au vu de l’heure tardive qu'il était, il n'était plus possible de réserver. J'ai donc trouvé une alternative, en prenant un covoiturage jusqu'à Barcelone. Je suis du genre à être entêté et de foncer tête la première lorsque j'ai une idée ou une envie. Ceci me vient de mon ascendant Bélier et je ne le vois pas forcément comme un avantage au contraire. Il aurait été plus judicieux parfois, d'écouter mes ressentis et les signes du destin, plutôt que mes envies. Et ce jour-là l'univers m'envoyait des signaux énormes que je refusais de voir. Je me suis rendue compte une fois le covoiturage réservé, que je m'étais trompé en réservant mon car écrivant "Hotmoil" au lieu de "Hotmail" lors de la saisie de mon adresse e-mail. Incroyable car en temps normal, le site vous refuse les adresses erronées vous demandant de la ressaisir.

 

J’ai donc embarqué ce soir-là pour un très long voyage direction Palma. Arrivée à destination le lendemain après un long et épuisant périple, j'explique au chauffeur de taxi que je vais avoir besoin de lui pour me conduire jusqu'à l'adresse de l'appartement que je devais visiter. Il m’expliqua qu’il ne pouvait se résoudre à m’y conduire car j'avais l'air d'être une gentille fille et que ce n'était pas un endroit pour moi. Il continua m'expliquant qu'il y avait eu des viols et qu'il y avait encore de nombreux cambriolages chaque semaine. Ma déception était immense, j'étais à Palma en plein hiver pour 4 jours et je n'avais plus rien à visiter. Je n’avais jamais envisagé que Palma pouvait avoir des quartiers difficiles voyant l’ile tellement sécurisante. Evidemment dans les yeux d’un touriste tout est toujours incroyable mais la vie sur place est souvent bien différente de celle qu’on s’imagine. Le lendemain je me ressaisie et je décide d'enquêter auprès du voisinage de l'hôtel sur ce fameux quartier. Je suis sortie récupérer une pizza et j'en ait parlé au pizzaïolo. Il a été catégorique : Je devais oublier ce coin il était juste atroce. Il m'a même appris que ces immeubles devaient être écroulés afin de dissoudre ce quartier très mal famé. Ma déception était très grande je ne vais pas vous le cacher. J'avais cru dur comme fer en ce que Sofia m'avait dit et jusque-là rien n'allait. J'ai quand même décidé de profiter de Palma et d'aller visiter le centre-ville car je connaissais les plages magnifiques mais je n'avais encore jusqu'alors jamais vu la ville de Palma pourtant tellement réputée. Arrivée à l'arrêt de bus, un homme était assis et je profita de ma chance de trouver quelqu’un pour m’assurer d’être au bon arrêt. Il a vite compris que je n'étais pas du coin et me proposa après lui avoir raconté mon périple de chercher ensemble un appartement. En effet il était également là pour investir. C'est là qu'il me tendit la main "Je m'appelle Michel et je viens de Berlin". Je suis restée bouche bée. Sofia avait raison j'étais bien à Palma avec un Michel, incroyable ! Il était quand même peu probable de trouver un Michel à Palma les espagnols s’appelant Miguel et en plein hiver de surcroît  alors qu'il n'y a pas un chat dans les rues. Il sera d'ailleurs le seul Michel que j'ai rencontré là-bas. J'aurais dû écouter les signes qui me barraient la route pour que je n'y aille pas, mais comme à mon habitude, j'ai quand même voulu aller contre ceux-ci, alors que clairement, on me montrait que ce n'était pas la bonne décision.

 

Le retour n'aura pas été plus brillant, je me suis offert un parfum de grande marque. Je l’aie finalement oublié sur un siège.  Décidément ce voyage n'aurait pas dû avoir lieu.

 

Je suis retournée voir Sofia un mois après mon escapade ratée à Palma lui expliquant qu'elle s'était sûrement trompée sur le fait que j'allais acheter à Palma un appartement. Elle me regarda fixement et me répondit qu’elle ne m’avait jamais dit que j’achèterai un appartement mais qu’il y aurait une signature. « Tu vas acheter un complexe de vacances". Là j'étais sûr elle se trompait complètement... Je n'avais déjà pas le budget pour un appartement, et celui d'un complexe de vacances était colossal, donc impossible. Elle m'a aussi décrit l'homme qui allait me le vendre de la tête aux pieds de manière très précise. Elle m'expliqua qu'il allait faire en sorte que je puisse l'acheter. Qu'un homme et une femme allaient être intéressés pour acheter avec moi. Là encore Sofia ne s'était pas trompée et un jour par hasard, je suis allé visiter, accompagnée de la femme de mon cousin Julio, un appartement qu'on devait acheter à deux. Une fois sur place, celui-ci nous proposa d'acheter l'entreprise, car l'immeuble au complet était au nom de celle-ci. Il souhaitait 50000e en espèce et la société et le prêt immobilier serait à nous. L'homme : Petit, bedonnant avec des lunettes était exactement tel que Sofia me l'avait prédit. L'homme et la femme qui souhaitaient acheter avec moi n'étaient autres que mon cousin et sa femme. Ceux-ci ont fait marche arrière, j'étais très déçue je voulais absolument ce projet. J'y ait pensé pendant une semaine, car quand même, c’était un sacré investissement et un projet très lourd pour une femme seule et française dans un pays étranger. Je ne connaissais personne sur place autant dire que je partais à l'aveugle. L'immeuble était un ancien petit hôtel à 200m de la plage et à 50m du port. J'ai eu un véritable coup de cœur pour cet immeuble qui de plus, possédait une vue incroyable sur la mer.  Pour ne rien gâcher, Rafael Nadal avait sa maison de l’autre côté du port et j'étais un peu fan de lui je l'avoue. J'ai mis une semaine à me décider y pensant nuit et jour. Et si c'était l'occasion pour moi d'entreprendre pour la première fois quelque chose seule ? J'étais très obstiné et plus mon entourage me disait que c'était risqué, plus j'avais envie de tenter. Je me rappelle que j’étais sur un transat en pierre sur le quai en face de chez moi, quand Manolo le vendeur m'a appelé en me disant que je devrais acheter seule, et en faire des appartements de luxe pour les riches touristes. Je lui aie dit oui, je le voulais et je l’aurais. Un sans-fautes pour Sofia, qui restera pour moi la voyante la plus incroyable qu'il m'ait été donné de rencontrer.

 

J'ai passé mes derniers moments à Lyon en profitant de chaque instant avec ceux que j'aime. Un soir, où nous étions sur le chemin au retour d'une fête de famille avec Lolo, celui-ci étant particulièrement fatigué était en train de s’endormir au volant. Je ne savais comment le réveiller car nous n’avions aucun moyen de nous arrêter. J’ai monté le son de la musique et il me demanda de lui donner de l’énergie. Il était persuadé que je le pouvais et que j‘avais énormément de magnétisme en moi. Mon cousin a toujours eu une grande confiance en moi et en mes dons et j’avais aussi une confiance aveugle en lui. Il me demanda d'imaginer que je lui donnais de l'énergie en lui donnant la main. Cela a fonctionné et je n'en revenais pas. C'est là dans sa voiture, que j'ai compris que j'avais du magnétisme. On m'a toujours dit que mes massages étaient miraculeux mais de là à imaginer que je pouvais gérer ainsi l'énergie de mon corps non je ne m'y attendais pas. Le problème lorsque vous faites du magnétisme, que vous tirez les cartes ou que vous faites de l'écriture automatique, c'est que vous êtes toujours sollicité par votre entourage. C'était devenu limite un jeu et au moindre petit mal de dos, me voilà avec mes mains posées afin de soulager la douleur de la personne qui en avait besoin. J'étais épuisée, de plus en plus chaque jour si bien que je passais mes journées au lit dans l’incapacité de me lever.  Le jour où Karine est venue me rendre visite, j'étais l'ombre de moi-même et elle m'a immédiatement soulagé, pratiquant elle-même le magnétisme depuis des années. Qu'il est bon que l'on s'occupe de vous quand vous êtes celle qui prend toujours soin des autres. Elle m'a fait un bien fou, je me suis sentie renaître. Elle m'expliqua que l'énergie devait être demandée et ne devait venir de mon propre corps. J'ai donc appris à demander et canaliser cette énergie, qui entrait par tous les pores de ma peau. Dès lors, je n'ai plus été fatigué après une séance de magnétisme. Karine aura été mon guide sur cette terre. Une rencontre et une bienfaitrice comme nous avons tous besoin.

 

Lorsque j'ai annoncé à mes parents ma décision de quitter le pays pour l'île de Majorque, ce fût le drame, surtout pour ma mère. Je crois bien qu'elle m'en veut encore aujourd'hui et ne me pardonne pas d'être partie si loin d'eux. Elle a vécu mon départ comme un abandon de la famille et non pas un gros projet ambitieux comme je le voyais moi. Ma mère a été très dure, nous n'avons jamais réussi à nous comprendre toutes les deux. Nos différences d'opinions ont toujours mis un fossé entre nous. Elle m'a reproché de ne jamais être satisfaite et de ne pas penser aux choses importantes de la vie, comme avoir un enfant et fonder ma famille. Évidemment que j'y pensait, tout le temps même. J'aurais adoré avoir des enfants mais la vie en a voulu autrement. Comment expliquer à une dame d'un certain âge, que nous ne sommes plus à son époque où l’on choisissait un mari, on se mariait et le tour était joué. Comment expliquer à ma mère, que j'étais au milieu d'une société de consommation et qu'il est aujourd'hui aussi compliqué de trouver les bons numéros à la loterie, que de trouver l'amour véritable. J'ai été très blessé de nombreuses fois par ses paroles et je pense que je l'ai également blessé de ne pas être la fille qu'elle aurait voulu que je sois. Ma mère est du genre « radicale » dans ses interactions et ne prend pas de pincettes lorsqu'elle a des choses à dire. J'ai essayé plusieurs fois de les inciter à venir me voir là-bas en vacances car ils étaient tous les deux à la retraite, tentant de leurs vendre la magie des voyages. Je me heurtais à chaque fois à un mur venant de ma mère me rappelant qu’elle avait vécu des choses bien plus belles que ça et que cela ne m’arriverait jamais. Que je ne serais jamais mère. Des paroles bien trop dures lorsque l'instinct maternel vous titille et que l'on sait que l'horloge biologique tourne. C'est d'autant plus dur lorsque ces paroles viennent de sa propre mère, de qui on espère un soutien inconditionnel. Mon père aurait adoré venir me voir mais pour ma mère il en était hors de question. J'avais décidé de partir, alors c'était à moi de venir les voir selon sa façon de voir les choses. Je trouve cela triste car j'habitais un petit paradis et qu’ils auraient pu en profiter au lieu de rester confinés entre 4 murs dans leurs HLM. Malheureusement mon père était fragile et dépendant de ma mère depuis des années dans ses mouvements et il ne se serait jamais aventuré à prendre l'avion et voyager seul. J'ai beaucoup souffert du rejet de ma mère et j'ai eu beaucoup de mal à lui pardonner de ne pas avoir été une mère compréhensive. Aujourd'hui je sais qu'il n'est pas facile d'aimer, peu importe la relation qu'elle soit amoureuse ou familiale, personne n'est parfait et tout le monde commet des erreurs. Il faut juste comprendre pourquoi et là, il était assez simple d'identifier la source de son problème : Ma mère souffrait du rejet de sa propre père et reproduisait le même schéma avec moi.


Il n’est pas simple de parler de ma relation avec ma mère qui est à ce jour encore très compliquée et qui ne s’arrangera pas vu son âge.



 
 
 

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